You are currently viewing De salarié fauché à trader millionnaire: le secret !

De salarié fauché à trader millionnaire: le secret !

Tu en as marre de la “rat race”, tu es au bon endroit, tu vas enfin savoir comment devenir millionnaire rapidement. Pour cela, il te faudra au préalable: un doctorat et/ou un diplôme d’ingénieur et/ou master dans un domaine scientifique, des connaissances en programmation et mathématique, beaucoup de temps et de détermination. En effet, je n’ai pas promis de délai pour atteindre la richesse ni de la facilité, les marchés restent avec une efficience faible comme abordé dans cet article.

Dans cet article, je vais aborder le moyen d’effectuer du trading en tant qu’investisseur particulier (appelé “retails” en anglais) par opposition aux investisseurs institutionnels en anglais (“institutional” en anglais). En effet, les investisseurs institutionnels ont accès à des données, des calculateurs et des moyens humains bien plus importants que les investisseurs particuliers. Cependant, leur taille et leur objectif de performance peuvent aussi être un frein qui donne un avantage aux investisseurs particuliers avec des connaissances et une détermination suffisante.

Dans une première partie, je vais définir le terme de trader ainsi que son rôle en plus des concepts de “edge” et “prime de risque”. Dans une seconde partie, je définirais ce qu’est une stratégie de trading et les différentes catégories existantes. Dans une troisième partie, je débuterai la construction d’une stratégie de trading. Pour cela je définirais les cadres de la stratégie, les stratégies possibles rassemblé dans un portefeuilles et la mise en pratique. Enfin, je conclurais cet article et je rappellerai les leçons fondamentales à garder à l’esprit en tant qu’investisseur particulier. 

Sommaire

1. Définitions

A. L'analyse technique

Je vais aborder le trading sous un angle quantitatif. Je ne vais donc pas aborder l’analyse technique, qui peut être utile dans sa forme légère (support et résistance ou momentum) mais relève plus en pratique de l’astrologie en pratique dès les figures chartistes les plus complexes (double bottom, head and shoulders, …). En effet, il a pu exister ou époque où ce type de technique pouvait fonctionner. Nous pouvons par exemple citer Jessy Livermoore (1877-1940), trader de légende qui a fait fortune pendant la crise de 1929 et adepte de ce type de technique.

Cependant, il faut se remettre dans le contexte de l’époque ou l’accès à l’information était beaucoup plus complexe et difficile qu’aujourd’hui. À cette époque, accéder à un graphique était difficile, sans parler de tracer des figures sur celui-ci. Là ou tracer une moyenne mobile prend quelques secondes aujourd’hui cela était beaucoup plus complexe à l’époque. Connaître le prix le jour J ou la veille à la clôture du marché était possible grâce aux journaux mais visualiser l’évolution d’un prix sur différents horizons de temps et tracer des informations supplémentaires était réservé à des professionnelles.

Ainsi, l’utilisation de courbes de type “arbre de Noël” pour trouver des formes sur un graphique et nous indiquer si le prix va monter ou descendre, comme visible sur la Figure 1, ne sont pas de la partie dans cet article et ne sont plus fonctionnelles aujourd”hui.

Figure 1 : Démonstration de l’analyse technique pratiquée sur YouTube par de nombreux auto-proclamés “traders” vivant essentiellement de la vente de formations. Source : Benjamin Finance.

B. Le trading

i. Trader ou investisseur

Le terme “trader” est un verbe anglais qui se traduit par “opérateur” ou “opératrice” de marchés financiers. Ainsi, sémantiquement, tout le monde sur un marché est un “trader” et effectue du “trading” (achat et vente d’instruments financiers). Cependant, dans le domaine financier il est plus courant d’associer un trader à un spéculateur dominé par un horizon court ou moyen terme et un investisseur destiné à des horizons plus long terme. L’investisseur est également plus intéressé par les fondamentaux micro-économique des actifs (et parfois macro-économique) alors que traders a une palette plus large d’outils et peut utiliser des modèles statistiques, et s’intéresser aux propriétés mathématiques d’un actif ou d’un instrument financier en restant désintéressé des fondamentaux.

Prenons un exemple, supposons que deux personnes souhaitent acheter une maison, un trader et un investisseur. 

  • L’investisseur va regarder le quartier où se situe la maison, le prix au m2. Il va également se renseigner sur les perspectives d’évolution du quartier en prenant connaissance du Plan Local d’Urbanisme (PLU) de la ville. L’investisseur sera peut-être amené à interroger les voisins de la maison ou de l’appartement afin d’avoir leur avis sur l’environnement. Il voit que le quartier à une bonne trajectoire de développement planifiée (développement d’école et de commerces de proximité). Il se positionne donc à l’achat au prix du marché dans un objectif d’obtenir une appréciation du capital sur le long terme et un rendement croissant par l’attrait qu’auront les potentiels futurs locataires pour son logement.
  • Le trader peut collecter des données sur la transaction des dernières maisons dans la zone et détecter un retournement de tendance. Les prix semblent monter et d’un coup il semble baisser. En effectuant une analyse de saisonnalité, il se rend compte que les prix baissent de 2% en hiver en moyenne et remontent de 1-2% en été. Dans la zone où se situe la maison, il constate une baisse de 4%. Après une analyse des données radars (via Google Maps) rien ne semble justifier une baisse de prix aussi élevée (pas de gros projet dans la zone qui démarre). Ainsi, il voit une possibilité d’arbitrage avec le printemps qui arrive. Il va donc acheter la maison et la revendre juste après en y appliquant une baisse normale de marché (2%). Ainsi il empoche la différence (2% car acheté -4% et revendu -2%).

Il faut noter deux choses dans mon exemple : 

  • L’investisseur est exposé au marché : si le marché immobilier dans son ensemble de met à être en difficulté il pourra être impacté. Bien sûr, ce risque peut être réduit en choisissant une localisation de qualité, un quartier en développement positif, etc.

Le traders n’est pas exposé au marché : quelque soit l’évolution du marché le trader s’en fiche de son objectif est de tirer partie des anomalies de prix pour faire de l’argent. Parfois, le traders peut être exposé au marché, mais c’est toujours dans un objectif est de profiter d’une anomalie.

ii. Types de trading

Il existe deux grandes catégories de traders :

  • Discrétionnaires : ils prennent leurs décisions en se basant sur leur analyse, leur expérience et leur interprétation des marchés.
  • Quantitatifs : ils s’appuient sur des modèles mathématiques et statistiques pour automatiser ou guider leurs décisions d’investissement.

Avec le développement de l’informatique, les traders discrétionnaires ont progressivement perdu en importance. Ceux qui exercent encore aujourd’hui sont, dans la majorité des cas, assistés par des outils quantitatifs qui les aident à prendre des positions sur les marchés.

En effet, il ne s’agit pas simplement de tracer quelques courbes ou d’utiliser deux indicateurs techniques sur un graphique pour prendre une décision pertinente. Les acteurs professionnels s’appuient sur des modèles quantitatifs bien plus sophistiqués, capables d’analyser de grandes quantités de données et de détecter des opportunités de marché avec davantage de rigueur et de précision.

iii. Rôle du trader

Pour résumer, le trader peut être vu comme : 

  • Un régulateur de marché : il est régulateur dans le sens ou lorsqu’une anomalie apparaît il profite de l’écart pour faire de l’argent. S’il existe un nombre important de personnes pour profiter de cet écart alors l’anomalie disparaît et c’est le plus rapide qui peut en profiter. C’est donc les moyens techniques qui font la différence (rapidité d’accès à l’information et aux calculs).
  • Un apporteur de liquidité : en reprenant l’exemple de la maison, il permet à une personne vendeuse de rapidement se débarrasser de son bien et à une personne acheteuse de rapidement accéder à un bien immobilier. Il favorise donc la liquidité sur un marché.
  • Un opportuniste : car il peuvent participer à amplifier certains mouvements spéculatifs. Par exemple, si le cours d’une matière première se met à monter, suite à guerre par exemple, des traders peuvent massivement acheter dans l’objectif de revendre rapidement plus chère. Si tout le monde effectue la même chose alors cela amplifie le mouvement à la hausse comme à la baisse.

C. Les concepts: “edge” et “prime de risque”

À partir de la définition du trader précédemment établi nous pouvons en déduire que l’objectif d’un trader est de détecter des anomalies dans la détermination des prix par le marché dans tous les types d’actifs et d’instruments financiers. Nous avons pris un exemple simple au travers du marché immobilier mais l’anomalie dont le trader peut profiter peut également être plus complexe comme dans le prix d’un produit dérivé où la volatilité inclus dans le prix de l’option (la prime payé) d’une option peut diverger de la réalité. 

Ainsi, il n’existe que deux moyens de faire de l’argent en trading : 

  • En utilisant un “edge” : peut se traduire par ce que l’on appelle un avantage compétitif, c’est-à-dire une information que vous avez mais que le marché n’a pas. Par exemple, vous travaillez pour une société cotée au CAC40 et vous savez, avant que l’information soit publique, qu’elle va acquérir une autre société cotée en bourse à un prix élevé (supérieur à sa capitalisation boursière). Vous pouvez donc acheter des actions de la société ciblé par l’achat et revendre après l’acquisition en empochant une plus value. Vous avez ici un avantage informationnel, c’est votre edge. Bien évidemment ce type de pratique est illégale et relève du délit d’initié.
  • En prenant une “prime de risque” : certains produits financiers peuvent avoir incorrectement “pricés” pour une raison valable. Par exemple, vendre des puts (options de ventes) comme un assureur peut être à première vue rentable car la probabilité de perte est faible… sauf si le marché se retourne violemment comme dans le cas d’une crise. Ainsi, vous pouvez gagner de l’argent mais ce surplus est rémunéré par un risque qu’il faut accepter de prendre ou non. Ainsi, toutes les primes de risques ne sont pas bonnes à prendre car certaines peuvent s’assimiler à ramasser des pièces devant un camion. Une prime de risque doit se mesurer en fonction du risque de perte en capital.

Trouver un edge n’est donc pas une mince affaire et peut nécessiter plusieurs jours ou mois de recherche. De plus, un edge peut disparaître ou devenir trop coûteux et complexe à exploiter si trop d’acteurs finissent pas exploiter le même avantage compétitif. À l’inverse, récolter des primes peut sembler plus simple et accessible mais nécessite la mise en œuvre d’une exécution plus fine avec une excellente gestion du risque. Une prime de risque s’explique donc pas la structure du marché lui-même, ce qui garantit une pérennité dans le temps. Il est donc important de déterminer l’”edge” et/ou la “prime de risque” exploité par la ou les stratégies que l’on vise.

2. Stratégie

A. Définition

Une stratégie de trading se définit comme l’ensemble des moyens techniques et méthodologiques visant à exploiter un edge (avantage) ou une prime de risque sur les marchés financiers.

Il serait naïf (ou extrêmement ambitieux) de penser que l’on peut encore découvrir une stratégie totalement nouvelle que personne n’aurait jamais identifiée. En effet, les marchés financiers sont étudiés depuis des décennies par des chercheurs, des institutions et des professionnels, sous des angles très variés. La majorité des grandes familles de stratégies a donc déjà été identifiée et catégorisée, nous y reviendrons plus loin.

Par ailleurs, le marché est composé d’un ensemble d’acteurs aux moyens, contraintes et objectifs très différents. On peut notamment citer (liste non exhaustive) :

  • Les fonds de pension : associés à l’épargne des retraités, leur objectif est de faire fructifier et sécuriser le capital sur le long terme ;
  • Les banques : elles interviennent pour leurs clients ou pour leur propre compte, avec des stratégies allant du market making à la prise de positions directionnelles ;
  • Les hedge funds : structures souvent très spécialisées, cherchant à générer de la performance absolue, indépendamment des conditions de marché ;
  • Les investisseurs particuliers (retail) : ils disposent généralement de moins de ressources, mais peuvent être plus flexibles et opportunistes ;
  • Les assureurs, fonds souverains et gestionnaires d’actifs : acteurs institutionnels avec des contraintes réglementaires fortes et des horizons d’investissement longs.

En pratique, ce n’est pas uniquement la stratégie en elle-même qui importe, mais la manière dont elle est mise en œuvre face aux autres acteurs du marché. Une même idée peut être très rentable pour certains et totalement inefficace pour d’autres. Si vous êtes plus rapide, mieux équipé ou plus rigoureux que vos “adversaires”, vous pourrez capter une part plus importante de la performance. À l’inverse, si vous êtes moins performant, vous ne récupérerez que les opportunités résiduelles.

Les résultats dépendent également fortement des paramètres de la stratégie (fréquence d’exécution, horizon d’investissement, gestion du risque, coûts de transaction, etc.), que nous aborderons plus loin.

Prenons l’exemple des entrées de sociétés dans l’indice S&P 500. En pratique, dès l’annonce de l’intégration d’une entreprise dans cet indice, son cours peut augmenter significativement, historiquement, de l’ordre de plusieurs pourcents (par exemple autour de 8 %) avant même son inclusion effective. Ainsi, au moment de l’intégration officielle, l’impact sur le prix devient souvent limité, car l’information est déjà intégrée dans les cours. Cet alpha étant bien connu, il ne suffit pas d’identifier l’opportunité : il faut être capable d’agir rapidement. Comme évoqué précédemment, plus une opportunité est connue, plus la compétition est forte. Dans ce contexte, ce sont alors les moyens techniques qui font la différence : vitesse d’exécution, accès aux infrastructures (serveurs proches des marchés), qualité des données ou encore puissance de calcul.

B. La compétition

En tant que trader particulier (retail), vous êtes en compétition directe avec certains des acteurs les plus sophistiqués au monde : les grands hedge funds, les banques d’investissement et les firmes de trading haute fréquence. Ces acteurs disposent d’infrastructures extrêmement performantes, souvent situées à proximité immédiate des places de marché, ainsi que d’équipes composées d’ingénieurs et de chercheurs issus des meilleures universités.

Autrement dit, ils sont capables d’exploiter des opportunités (edges) en quelques microsecondes, bien avant qu’un particulier puisse réagir. Il faut donc être lucide, entrer dans le trading, c’est entrer dans un environnement hautement compétitif, où les gains des uns sont souvent les pertes des autres. Vous êtes dans une arène à la “Hunger Games”,les meilleurs acteurs captent la majorité des opportunités et peuvent même tirer parti des erreurs ou des retards des autres participants.

Cette dynamique est bien décrite par Andrew Lo (professeur au MIT) à travers la théorie des marchés adaptatifs. Selon cette approche, un marché financier peut être vu comme un écosystème biologique dans lequel les stratégies de trading sont comparables à des espèces. Certaines prospèrent pendant un temps, puis disparaissent ou s’adaptent face à la concurrence. Par exemple, le trading haute fréquence a connu une forte expansion dans les années 2000–2010. Aujourd’hui, seules quelques firmes dominent encore ce domaine, après un processus de sélection proche d’un mécanisme darwinien : les moins performantes ont disparu ou se sont reconverties.

Un cas emblématique de la confrontation entre acteurs est celui de l’épisode “Short squeeze” de GameStop. Présenté dans les médias comme une victoire des particuliers (“Main Street”) contre les institutions (“Wall Street”), cet événement est en réalité plus nuancé. Certaines institutions, comme Citadel, ont largement bénéficié de l’augmentation massive des volumes de transactions via le Payment For Order Flow (PFOF). Autrement dit, même dans des situations perçues comme défavorables, les acteurs institutionnels trouvent souvent des moyens de tirer profit de la dynamique du marché.

C. Paramètres

Pour construire une stratégie robuste, il est essentiel de prendre en considération plusieurs paramètres résumés dans le Tableau 1 comparé entre les particuliers et les institutionnels.

Laisser un commentaire